Historique de la Société Balint Belge

 

 

 

Historique de la Société Balint Belge

 

Les pionniers

 

Au retour du 1er congrès international Balint (Londres 1972), les docteurs André Moreau et Roger Van Laethem décidèrent d’organiser la 2e édition à Bruxelles en 1974.

 

Cette organisation rencontra un succès retentissant, réunissant une assemblée de 700 personnes, issues de 16 pays différents. Les activités se tenaient au Palais des Congrès dans trois grandes salles et une dizaine de petites salles, avec traduction simultanée en 5 langues et retransmission sur écrans géants.

 

Dans l’enthousiasme suscité par ce succès, la Société Balint Belge (SBB) vit le jour le 2 mai 1974 dans le salon du docteur Van Laethem avec, comme membres fondateurs, les docteurs Jean Raulier (président), André Moreau (vice-président), Colet (trésorier), Roger Van Laethem (secrétaire général), Francis Croufer, Jean Gérin, Paul Gourdin et Pierre Pluvinage.

 

Elle s’est voulue nationale d’emblée, mais avec deux ailes linguistiques autonomes. Du côté néerlandophone, on retrouvait les docteurs Janssens, professeur de médecine générale à Anvers (président), Kongs (vice-président), Deaulmerie (secrétaire), Coupez, Haché, Seuntjens, Thoné et Valgaeren.

 

En juin 1975, les sociétés belge, anglaise, française et italienne fondent la Fédération Internationale Balint (FIB ou IBF), dont le premier bureau se compose de madame Enid Balint, veuve de Michaël Balint (présidente) et des docteurs Bernachon (secrétaire) et Van Laethem (trésorier).

 

Un grand dynamisme

 

Les premiers groupes Balint voient le jour, à la suite de ceux qu’avait initiés dès 1967 le docteur André Moreau. En 1978, Christian Picard et madame Geneviève Picard-Koeune ouvrent le groupe de Namur, toujours actif à ce jour.

 

La SBB organise le 18 octobre 1975 sa première Journée d’Etude sur le thème « La sensibilisation à la méthode Balint », sa deuxième le 23 octobre 1976 (« Le temps dans ma pratique »), journées réussies et pleines de promesses.

 

Elle participe activement au 3econgrès Balint international (Paris, mai 1976), y présentant plusieurs communications.

 

Début 1977, elle compte 48 membres, son bureau se modifie : docteurs Pierre Pluvinage (président), Francis Croufer (vice-président), Guy Capelle (secrétaire) et Roger Van Laethem (trésorier et chargé des relations internationales).

 

Les activités et les innovations s’enchaînent :

 

  • Grâce à l’intervention du vice-président, les « Feuillets Psychiatriques de Liège » deviennent le bulletin de liaison de la SBB, premier pas vers la création d’une revue autonome.

  • Le groupe de recherche « Post-Balint », ouvert aux anciens participants de groupes Balint, démarre le 26 avril 1977 sous l’impulsion du dr Pluvinage.

 

 

 

  • En décembre 1977, une réunion extraordinaire (tenue à Verviers chez le docteur Emile Nols, membre très actif du CA) donne naissance à un texte sur les groupes Balint, qui s’applique à définir les spécificités de cette approche et certaines modalités pratiques. Il est considéré comme important que l’animation soit bipolaire, c’est-à-dire assurée par un binôme composé d’un soignant et d’un psychanalyste, idéalement de sexes opposés.

 

Ce document, qui nous aidera à fonder solidement notre travail, sera également diffusé pour nous faire connaître en Belgique et sera utilisé à l’étranger.

 

 

 

  • Participation à nouveau très active au 4eCongrès Balint International (Londres 1978) où la FIB s’enrichit des affiliations de l’Allemagne, de la Suisse et de la Hollande.

 

 

 

  • Les Journées d’Etude recueillent un grand succès : près de 230 participants à Woluwé en 1977 sur le thème « L’a-communication dans le couple ». Elles ont lieu au rythme d’une, voire deux par an. En ce cas, l’une est plus particulièrement centrée sur le médecin de famille, comme en témoignent les thèmes des journées de février 1982 et 1983 : « Le médecin de famille et le patient déprimé » et « Le malade psychosomatique et son médecin de famille ».

 

 

 

Les pionniers se succèdent au poste de président : les docteurs Francis Croufer (1980), Christian Picard (1983) et Jean Gillis (1986). C’est au cours du mandat de ce dernier que le docteur Jean-Georges Romain crée en 1986 la Revue Balint Belge.

 

A partir de 1992, la SBB peut compter, pour l’assistance au secrétariat, sur les précieux services de madame Brigitte Bodson qui, 22 ans plus tard, est toujours fidèle au poste.

 

Viennent ensuite les docteurs Roger Brasseur (1989), Michel Delbrouck (1992, qui préside à l’organisation d’un colloque national interuniversitaire sur « La formation psychologique du soignant », dont les actes ont été publiés), Jean-Georges Romain (1995), Thérèse Jeuniaux (1998) et madame Claix-Simons (1999).

 

Pendant ces années 80-90, la SBB continue à jouer un rôle de premier plan au sein de la FIB, dont le nombre de pays membres continue à croître (Argentine, Afrique du Sud, Japon, …) et qui poursuit l’organisation des congrès internationaux (Cologne, Montreux, Stockholm, Budapest, Zagreb, Charleston USA, Oxford).

 

Sur le plan national, la SBB a le plaisir d’accueillir des personnalités renommées, telles que :

 

  • le professeur Eugène Laborit, père du Largactyl et créateur du terme d’ « Agressologie » ainsi que du « Syndrome d’inhibition de l’action », invité d’honneur de notre 10e anniversaire (1984) ;

  • le professeur Albert Jacquard, invité au même titre à l’occasion du 25e anniversaire (1999).

 

Citons le docteur Roger Van Laethem :

 

« Ceci n’est qu’un pâle reflet de l’activité foisonnante de la SBB, dont plusieurs des membres du Conseil d’Administration sont régulièrement invités à donner des conférences en Belgique et à l’étranger, participent à des émissions de radio, de télévision, animent des séminaires universitaires, sont invités à parler dans les dodécagroupes de médecins généralistes, à donner des formations sur la relation soignant-soigné. »

 

Trouvons ici l’occasion de remercier Roger Van Laethem, infatigable pèlerin du mouvement Balint, non seulement en Belgique mais aussi au sein de la Fédération Internationale Balint, dont il fut le trésorier de 1975 à 1998, moment où il transmit le relai au docteur Michel Delbrouck.

 

Animateur de groupe Balint de la première heure, actif au sein du bureau de la SBB, d’emblée comme secrétaire général, puis comme trésorier de 1977 à la fin des années 1990, il assura également la responsabilité de la revue Balint de 1993 à 2006.

 

C’est cette année-là que, pour raisons familiales et de santé personnelle, il renonce à ses diverses fonctions au sein de la SBB, y compris à l’animation (avec le dr Jean Gillis) du groupe qu’il avait fondé et animé à Bruxelles pendant de nombreuses années.

 

Une équipe élargie

 

Au tournant du 21e siècle, le staff des administrateurs et des animateurs s’étoffe progressivement d’une nouvelle génération, issue des groupes Balint. Successivement, les docteurs Jean Fléchet, Manoël le Polain, Luc Decleire, Alain Devaux, Michèle Parée rejoignent le conseil d’administration, au sein duquel les accueillent les « anciens », pour la plupart encore jeunes, que sont les docteurs Roger Van Laethem, Jean Gillis, Christian Picard, Michel Delbrouck, Jean-Georges Romain, Christian Linclau, Christine Vanoverbeke, ainsi que mesdames Christine Claix-Simons et Dominique Hennico.

 

Les nouveaux administrateurs souhaiteront rapidement se former à l’animation de groupe Balint et s’y investir concrètement. Cela se réalisera progressivement et amènera la création de nouveaux groupes avec l’incorporation au sein de la « grande famille » du docteur Philippe Heureux et de mesdames Brigitte Dumont, Nicole Hutse, Stéphanie Mirkovic et Sylvie Kockelmeyer.

 

La SBB n’échappa pas aux évènements tristes ; ne citons que les décès largement prématurés des deux personnalités, ô combien attachantes, qu’étaient madame Dominique Hennico et le docteur Jean-Georges Romain, tous deux liégeois :

 

  • Dominique était infirmière pédiatrique, spécialisée en oncologie, mère de 3 enfants. Elle s’était investie depuis quelque temps au sein du CA, assurant la relève du dr Van Laethem à la trésorerie, lorsqu’elle disparut tragiquement à l’âge de 42 ans, en juin 2001.

  • Jean-Georges fut emporté en mars 2007 après avoir lutté courageusement contre une redoutable maladie. Il avait exercé de nombreuses fonctions au sein de la SBB : animateur, administrateur, président, fondateur de la revue en 1986, responsable de celle-ci jusqu’en 1993, relecteur perspicace de toutes nos publications, etc …

 

A la suite de madame Claix-Simons (1999), la présidence est assurée successivement par les drs Jean Gillis (2001) et Michel Delbrouck (2004), tous deux « rempilant » à belle distance d’un premier mandat, puis par les docteurs Jean Fléchet (2007) et Michèle Parée (2012).

 

Un nouvel esprit d’entreprise

 

  • Autour du burn out

 

En 2001, réagissant à une enquête édifiante du Journal du Médecin, le conseil d’administration décide d’organiser une vaste réflexion sur le sujet du Burn-out du soignant, et ce en réunissant un large éventail de personnalités représentatives des différents milieux du monde médical. Cette réunion connait un franc succès et participe largement à la prise de conscience de la complexité du phénomène.

 

Le docteur Delbrouck, qui préside à l’organisation de ce colloque, entreprend de le prolonger par un ouvrage sur le sujet. Il y apporte de nombreuses contributions personnelles et l’enrichit des apports de plusieurs experts également concernés par le sujet, pour aboutir à un état très complet de la question. Publié par les éditions De Boeck, cet ouvrage connait un accueil des plus favorables, si bien qu’il sera suivi d’un complément sur les pistes de prise en charge, puis d’une 2è édition.

 

  • Rénovation de la revue Balint Belge

 

Atteint par la passion de l’écriture, le docteur Delbrouck gagne à sa cause le docteur Luc Decleire et madame Claix-Simons pour constituer une équipe rédactionnelle (qui s’enrichira ensuite du docteur Christian Linclau) avec l’objectif de moderniser la revue Balint au moment où celle-ci atteint l’âge de la maturité (20 ans à raison de 5 parutions/an).

 

En 2006, le n° 100 inaugure une nouvelle ère : dorénavant la parution est biannuelle, chaque numéro est consacré à un thème précis (dont une fois sur deux celui de la Journée d’Etude), le maître-mot, tant au niveau du contenu que de la présentation, étant « professionnalisme ». Au prix d’une certaine dose d’inconscience, mais surtout de beaucoup de travail et d’enthousiasme, les résultats ne se font pas attendre : les parutions s’enchaînent régulièrement, les premières erreurs de « jeunesse » permettent de publier un ouvrage dont ses concepteurs et la SBB sont de plus en plus fiers. Le succès de certains numéros est tel, même et surtout après quelques années, que des rééditions sont devenues nécessaires.

 

  • ASBL

 

En 2007, organisée depuis ses début en « association de fait », la SBB se constitue en asbl, se donnant ainsi un statut plus officiel.

 

  • Groupes Balint réguliers et Printemps Balint

 

Des groupes se terminent, d’autres s’ouvrent, avec une répartition géographique qui reste équilibrée, de telle façon que tout candidat participant peut trouver un groupe à une distance raisonnable.

 

La vitalité de la SBB ne se limite pas à l’organisation de groupes Balint réguliers. Depuis 2004, le Printemps Balint se déroule chaque année. Imaginé, conçu et organisé par le docteur Christian Linclau, il se veut l’occasion, pour des anciens et des nouveaux, de « pratiquer le groupe Balint » de façon concentrée sur une journée. Ce séminaire, organisé au fil du temps dans diverses villes, attire de nombreux soignants en questionnement et de plus en plus d’étudiants.

 

  • Collaborations avec les universités

 

L’implication de plusieurs membres actifs de la SBB (docteurs Philippe Heureux à l’UCL et Jean Fléchet à l’ULg) au sein des DUMG (départements universitaires de médecine générale des trois universités francophones), jointe à l’intérêt de ceux-ci pour la formation à la relation des étudiants et des jeunes médecins, a donné naissance à de nombreuses collaborations, souvent ponctuelles, mais qui pourraient prendre à l’avenir une allure plus régulière. Le Printemps Balint est un lieu particulièrement apprécié par les étudiants et assistants qui y ont participé.

 

  • Formation des animateurs

 

La SBB se devait de clarifier ses exigences de formation des animateurs Balint. Un document fixant le cursus de base a été établi et une cellule d’aide et de soutien a été créée. Cette commission interne a pour fonction de veiller à la formation de tout candidat - animateur de groupe Balint ainsi que d’apporter son aide en cas de difficulté vécue par un animateur ou un groupe.

 

  • Site internet et newsletter

 

Grâce à la disponibilité et aux compétences techniques du docteur Guy Capelle, un des pionniers encore présents, bien que retraité de la médecine générale, nous avons pu organiser la diffusion d’une newsletter (4-5x/an depuis début 2008) et prendre mieux soin de notre site internet (retravaillé en 2009).

 

  • Journée d’Etude

 

Organisée dès les débuts, la Journée d’Etude se poursuit, sur un rythme en principe annuel. Elle rassemble autour d’un thème central des orateurs, tant issus du mouvement Balint qu’extérieurs à celui-ci, et des participants, soignants de tous horizons, initiés ou non à la méthode Balint.

 

Des liens internationaux renforcés

 

Voici une liste, non exhaustive bien que longue, des diverses initiatives et domaines dans lesquels la SBB s’investit régulièrement au niveau international.

 

  • La Fédération Balint Internationale (FBI) : des représentants belges y siègent très régulièrement : le docteur Roger Van Laethem dès les débuts, le docteur Delbrouck l’a suivi peu après, assurant la fonction de trésorier de 1998 à 2013. Les docteurs Luc Decleire, Jean Fléchet, Michèle Parée et Christian Linclau représentent régulièrement la SBB aux « councils » (conseils d’administration) qui se tiennent (2x/an) dans divers pays du monde.

 



 

  • Un « Council » en Belgique : en mars 2006, nous accueillons les délégués FBI à Bruxelles, et ce dans les locaux mis à notre disposition par la société Lündbeck. Nous leur proposons, en plus de l’organisation de la réunion, l’expérience de supervision d’animateurs par une psychanalyste - Mme Wolff, notre superviseur du moment - et une visite guidée de Bruxelles, préparée soigneusement et menée de main de maître par le docteur Luc Decleire.

 



 

  • La « Leadership Conference » : organisée les années paires depuis 2010 par une « task force » issue de la FBI, elle a pour objectif la réflexion et le travail sur les modalités d’animation des groupes Balint, et ce à la lumière de ses diverses spécificités nationales. Y participent des animateurs Balint issus des diverses fédérations nationales.

 

Le docteur Michel Delbrouck a fait partie du groupe de travail qui a présidé à la création de cette activité et à l’organisation de ses deux premières sessions (Copenhague 2010 et Charleroi 2012). Il a cédé depuis peu le relai au docteur Christian Linclau au sein de ce groupe très international en vue de la prochaine édition, prévue en Israël (septembre 2014).

 

Le docteur Michèle Parée participe également à cette mission, ayant été responsable de l’organisation de Charleroi 2012.

 



 

  • Les congrès internationaux : délégués ou non, nos animateurs y participent régulièrement : après Oxford (1998), Portoroz (Slovénie, 2001), Berlin (2003), Stockholm (2005), Lisbonne (2007), Brachow (Roumanie, 2009), Philadelphie (2011), Heidelberg (2013) … en attendant Metz (2015).

 



 

  • Liens avec nos homologues français : nous les rencontrons en nombre lors de nos congrès respectifs et des rencontres internationales, mais aussi à l’occasion d’organisations en commun.

 



 

Un souci de réflexion

 

Les animateurs et administrateurs se consacrent aussi à des activités qui leur sont propres et dont les modalités sont régulièrement adaptées :

 

  • Le groupe post-Balint : actif depuis 1977, ce groupe a modifié progressivement ses modalités de fonctionnement. Il permet à des balintiens chevronnés et à des animateurs en formation, au travers de cas cliniques vécus, d’effectuer un travail de recherche et une réflexion sur l’animation. Depuis 2005 un psychanalyste est présent et communique aux participants le résultat de ses observations. Le responsable de ce groupe est le docteur Christian Picard, balintien de la première heure.

 



 

  • Le groupe de supervision des animateurs : depuis 2001, il est un lieu au sein duquel les animateurs réfléchissent ensemble, sous la conduite d’un superviseur psychanalyste, aux situations d’animation qui posent problèmes. Ce travail leur permet d’identifier et de confronter les particularités d’animation propres à chacun et de confirmer ce qui fait la spécificité du travail Balint.

 

 

 

  • La journée de réflexion : initiée en 2004 et gérée depuis lors sous la conduite du docteur Christine Vanoverbeke, elle a pour objectif, 1 à 2 fois/an, d’approfondir des thèmes importants, qui touchent aux fondements du travail en groupe Balint, et ce avec ou sans la présence d’un psychanalyste en tant qu’observateur extérieur.

 

 

 



 



 



 

L’avenir : un défi de taille

 

Nous sommes intimement convaincus que la pensée et la méthode réflexive de Michaël Balint restent plus que jamais, au sein d’une pratique soignante de plus en plus technique et performante, d’un appoint inestimable pour garder aux soins leur caractère humain, tant pour le patient que pour le praticien.

 

Mais ce sera un véritable challenge pour l’ensemble des médecins investis dans l’action entamée par Michaël Balint : comment faire connaître son œuvre aux jeunes générations, comment l'enrichir d'apports nouveaux, comment assurer la relève pour l'animation des groupes ?